Africains enrôlés dans l'armée russe : le dossier qui s'est invité au sommet de Moscou
À la veille du sommet, Amnesty International et une commission d'enquête de l'ONU ont dénoncé le recrutement d'Africains pour combattre en Ukraine. Moscou dément tout recrutement illégal.
Séance plénière du troisième sommet Russie-Afrique, Moscou, 29 octobre 2026. Photo : kremlin.ru (licence CC BY 4.0)
En marge des annonces de coopération, un sujet sensible a accompagné le troisième sommet Russie-Afrique : le sort des ressortissants africains recrutés pour combattre dans les rangs de l'armée russe en Ukraine.
Des estimations qui varient
Le collectif d'investigation All Eyes on Wagner affirme avoir obtenu une liste de 1 417 personnes originaires de 35 pays africains. L'Institut français des relations internationales (Ifri) évoque 3 000 à 4 000 Africains combattant sous le drapeau russe. Selon le ministère ukrainien des Affaires étrangères, au moins 2 965 ressortissants de 36 pays africains avaient combattu ou combattaient côté russe au 1er mai 2026. Ces chiffres ne peuvent pas être vérifiés de manière indépendante.
Interpellations d'Amnesty et de l'ONU
Dans une lettre ouverte publiée à la veille du sommet, des responsables de sections africaines d'Amnesty International ont demandé aux dirigeants présents à Moscou d'exiger la fin du recrutement trompeur ou coercitif de leurs ressortissants, qu'ils assimilent dans de nombreux cas à de la traite. Une commission d'enquête internationale indépendante sur l'Ukraine a également qualifié ces pratiques de trafic d'êtres humains dans un rapport remis le 26 octobre à l'Assemblée générale des Nations unies.
Des pays africains inquiets
Plusieurs gouvernements, dont ceux du Kenya, du Nigeria et de l'Afrique du Sud, se sont publiquement alarmés du sort de leurs ressortissants. Le Kenya a annoncé, après des discussions avec Sergueï Lavrov, que ses citoyens ne seraient plus enrôlés par le ministère russe de la Défense. Le Ghana a de son côté demandé à l'Ukraine le transfert de ses ressortissants faits prisonniers.
La position de Moscou
La Russie dément tout recrutement illégal et affirme que les étrangers présents dans ses forces se sont engagés volontairement. Il n'a pas été établi publiquement si la question a été abordée lors des échanges officiels du sommet.
Sources : Amnesty International, 27 octobre 2026 Afrik.com, 28 octobre 2026 RFI via Yahoo Actualités, 28 octobre 2026 AFP via Orange Actu, 28 octobre 2026 France 24, 29 octobre 2026
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